25.06.2008
La ville, les filles, la nuit.
Les ombres de la fin d’après-midi s’étirent sur le parvis de Beaubourg. Le portrait de Louise Bourgeois ne semble pas voir la foule qui s’écoule – elle surtout indifférente – sous ses yeux de papier. Les miens d’yeux s’égarent sur les formes les unes immobiles les autres animées, qui parsèment la place ou déambulent sur les pavés, dans les interstices desquels il traîne quelques mégots, quelques capsules abandonnées de canettes disparues.
J’ai plus que jamais le sentiment d’être vampirisé par la ville, elle suce mon âme par la fascination qu’elle y exerce, elle, ses lumières, ses rues, ses rumeurs, ses vides, ses foules aveugles, ses femmes trop attirantes, des filles aux corps irréfutables, aux jambes gainées, aux bassins si mobiles qui chassent le voile trop léger des robes courtes, des jupes courtes, des filles belles, des filles charmantes, des filles aux chevelures desquelles je voudrais m’égarer, sur la peau desquelles je pourrais laisser mes doigts, perdre mes lèvres, elles ont des yeux, elles ont des bouches, elles ont tellement de beautés, d’affectueuses imperfections, d’insolente existence…
20:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rencontre
03.05.2008
Mouvances
C'était comme deux aimants qui s'attirent. J'avais beau soulever ma main, son sein en emplissait toujours autant la paume. Il était rond comme une vague qui s'aprête à s'ouvrir. Sa pointe, dressée par mes lèvres, humide de ma langue enroulée, je la sentais chatouiller ma paume ouverte. J'avais pris sa bouche, une main dans la chaleur de sa nuque, l'autre glissant lentement vers son ventre. Je guettais cet instant tellement soudain où le désir en elle s'affole, où quelque chose rend sa bouche et sa langue infiniment plus humides, plus épaisses, plus enveloppantes. La voilà qui s'agite, avide, animée d'un désir aveugle et vorace. Sa bouche devient convulsive, elle donne des coups de têtes, on dirait qu'elle se débat avec quelque chose d'invisible qu'elle tente de saisir mais qui lui échappe, fuyant, glissant. Mes doigts entre ses cuisses au désir sirupeux sont comme des complices qui entrent par effraction. Deux glissent silencieusement à leur poste pour couvrir un troisième qui s'agite, braquant de tous côté, tandis qu'un quatrième se fait plus lourd, cherchant l'aube d'une profondeur. Il est tapis. Elle est chaude, fièvreuse, presque fragile et sauvage. Un animal acculé. Je sens qu'elle pourrait me mordre mais sa bouche glisse, enveloppe des lèvres ou de la langue, n'importe quoi, tout, d'une avidité exaspérée. Lorsque je pousse mon doigt en elle, elle se cambre, s'arrondit. Ses petits seins gonflés sont comme deux taupinières tournées vers le ciel laiteux du plafond. J'enfonce un deuxième doigt en elle, comme un serpent à la venue inexorable. Je sens sa chair qui enveloppe ma descente. Elle, elle s'agite, frénétiquement, s'agrippe à mon coup pendant que ma langue s'enroule à nouveau sur la pointe de son sein. Elle s'ouvre, elle est glissante, baveuse, épaisse, douce, folle et tiède. Ses mains cherchent mon érection. Ses mains fines et studieuses, ses mains blanches à la peau désechée par le froid, ses mains se referment sur moi. Elle me prend toujours avec une infinie précaution. Lentement, mon gland se libère. L'attention qu'elle porte à ses gestes semble contenir l'orage en elle. Elle entrouvre la bouche et lui dit quelque chose, dans un murmure. Les yeux fermés, je sens d'abord ses cheveux se déposer sur ma peau comme elle s'approche. Puis enfin, son haleine, chaude. Tout mon corps est là dans mon sexe érigé, tous mes nerfs et toute mon attention, mon attente, mon abandon. Dans ma tête, des mouvances noires s'empruntent de rouge lorsque mon sexe glisse dans sa bouche d'infinie tendresse.
20:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, femmes, rencontre, sensualité, écriture
sur le dos
Je suis allongé sur le dos, nu dans la douceur de ses draps roses, et ce n’est plus dimanche lorsqu’on se touche et rompt irrémédiablement la non connaissance qu’on a de l’autre, maintenant c’est mardi, je suis allongé sur le dos, je ne pèse plus de mon désir sur ses cuisses ouvertes, je la regarde, son visage froissé de plaisir ressemble presque à la douleur, ses seins flottent, comme nous flottons depuis quelques jours, emportés au milieu du quotidien sur les vagues de l’inhabituel, errants dans cette intimité qui commence par effacer les visages et les repères, avant d’en dessiner de nouveaux.
15:09 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, journal intime
26.04.2008
Celle là qui
Pour me libérer de cette fascination qui me fige, il faudrait qu’au lieu d’être à la surface des choses je m’y enfonce, qu’au lieu d’assister à la chair j’en jouisse, qu’au lieu d’écouter la rumeur j’y participe.
Seule une amante peut m’ouvrir ces portes, il me faut trouver une compagne de chair, une complice d’errances, une fille à la présence doucement affolante, une amie.
17:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rencontre
22.04.2008
l'enigmatique
Elle restait debout, dans la confiance vaporeuse de sa jeunesse, un cache-cœur de motif écossais sous une veste étroite, et une pierre verte opalescente à la main droite. J’aimais la regarder doucement et quand elle a posé les yeux sur moi, sa bouche a esquissé un étrange sourire. Un sourire un peu avorté. Un sourire doux et un peu gêné à la fois, mais comme si la gêne était une excuse plutôt qu’un reproche.
21:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, écriture
24.03.2008
L'amante
Je regarde par la fenêtre et mes pensées s'égarent dans la confusion des images en surimpression sur la vitre, ma silhouette sur le gris de l'extérieur pluvieux. Je rêve aux yeux d'une autre femme posés sur moi, aux mains d'une amante légère et féminine - une femme qui aimerait jouer du désir des hommes avec plaisir et dérision. Je rêve de ses arrivées à l'improviste, de sa chaleur espiègle et généreuse. Je rêve de sa peau. Je voudrais voir ce rêve devenir.
11:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, rencontre, femme, écriture
20.03.2008
Le collant
Entre mes yeux et ma mémoire, il flotte l’image laiteuse – presque fruitée – des jambes d’une fille, d’un collant blanc, un collant pas tout à fait blanc mais collant, d’un blanc très légèrement rosé, épousant la forme d’une jambe, et de l’autre aussi. Des jambes coupées : bordure bien nette d’un manteau couleur marine, et je n’ai pas regardé plus haut. Les jambes vivaient, déjà, et par elles, je tentais d'imaginer son visage.
17:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, femmes, rencontre
11.03.2008
L'inconnue
J’aurais voulu savoir dire à cette fille inconnue aux yeux de terre noire comme j’avais envie de poser ma main sur son corps. Il aurait fallu que je lui explique que c’était un désir tout gentil, que je voulais juste deviner sa peau, voir sa peau, toucher sa peau, aimer sa peau, y ensevelir un instant l’haleine de ma peau à moi.
J’aurai voulu qu’il suffise d’aller jusqu’à elle, et de dégager doucement les mèches de ses oreilles pour lui murmurer, toi, toute, nue et mouvante, je te veux, viens-tu?
J’aurais voulu qu’il suffise mon désir et qu’elle soit simple sa parole oui non j’sais pas rien d’autre sinon du silence et danser cette lente connivence des corps.
J’aurais voulu n’avoir rien à dire. Que le désir ait une couleur qu’elle reconnaisse, et qu’elle me prenne par la main, la bouche le ventre, et m’emmène, n’importe où tant que l’horizon est son corps, hanté d’elle.
17:34 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : désir, écriture, rencontre
03.03.2008
Manque
J’aime les filles, j’aime les femmes, j’y pense, partout. Les voir est un enchantement, une fascination. L’espace entre elles et moi un supplice. Je manque d’elles, de leur corps, leur parfum, leurs odeurs intimes. Je manque de leurs yeux, de leur peau contre ma bouche, de leurs caresses, de leur désir impatient.
22:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, désir, sensualité, rencontre
07.02.2008
Désir
Il y a la sensation des femmes. Dans mes yeux. Mon ventre. Ma pensée. Femme chair, aura du féminin, dans ta peau, dans ton regard, sur ta nuque. Désir exacerbé. L’odeur de ton sexe, ton ventre ouvert dessous ta jupe, dans le soyeux du corps et des tissus de femme, dans ton jeans bleuté, ou dans tes robes, ton vente nu, ta chair sereine, avide et calme. Ton corps mouvant ou immobile, permanence du vertige, de l’appel, du désir. Tes seins, tes épaules, ton cul, ton sourire, ton désir, tu me hantes. L’envie de ta peau, de sa douceur, de ta bouche, d’ardeur, de moiteur, de sexe, d’abandon.
Envie de femmes. De celles qui aiment les hommes, généreuses dans ce qu’elles prennent et ce qu’elles donnent, celles là qu’on dit légères. De celles aussi qui hésitent, qui me ressemblent plus, celles qui mouillent dans le silence de leur regard, de leurs pensées. Envie de celles à qui j’offrirai ma douceur, qui s’abandonneront. Envie de celles qui exaspèreront mon désir jusqu’à ce qu’il se démène. Envie de toutes les femmes, toutes celles qui me plaisent, dans leur sinueuse diversité.
15:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, femme


