25.06.2008
La ville, les filles, la nuit.
Les ombres de la fin d’après-midi s’étirent sur le parvis de Beaubourg. Le portrait de Louise Bourgeois ne semble pas voir la foule qui s’écoule – elle surtout indifférente – sous ses yeux de papier. Les miens d’yeux s’égarent sur les formes les unes immobiles les autres animées, qui parsèment la place ou déambulent sur les pavés, dans les interstices desquels il traîne quelques mégots, quelques capsules abandonnées de canettes disparues.
J’ai plus que jamais le sentiment d’être vampirisé par la ville, elle suce mon âme par la fascination qu’elle y exerce, elle, ses lumières, ses rues, ses rumeurs, ses vides, ses foules aveugles, ses femmes trop attirantes, des filles aux corps irréfutables, aux jambes gainées, aux bassins si mobiles qui chassent le voile trop léger des robes courtes, des jupes courtes, des filles belles, des filles charmantes, des filles aux chevelures desquelles je voudrais m’égarer, sur la peau desquelles je pourrais laisser mes doigts, perdre mes lèvres, elles ont des yeux, elles ont des bouches, elles ont tellement de beautés, d’affectueuses imperfections, d’insolente existence…
20:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rencontre
03.05.2008
sur le dos
Je suis allongé sur le dos, nu dans la douceur de ses draps roses, et ce n’est plus dimanche lorsqu’on se touche et rompt irrémédiablement la non connaissance qu’on a de l’autre, maintenant c’est mardi, je suis allongé sur le dos, je ne pèse plus de mon désir sur ses cuisses ouvertes, je la regarde, son visage froissé de plaisir ressemble presque à la douleur, ses seins flottent, comme nous flottons depuis quelques jours, emportés au milieu du quotidien sur les vagues de l’inhabituel, errants dans cette intimité qui commence par effacer les visages et les repères, avant d’en dessiner de nouveaux.
15:09 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, journal intime
26.04.2008
Celle là qui
Pour me libérer de cette fascination qui me fige, il faudrait qu’au lieu d’être à la surface des choses je m’y enfonce, qu’au lieu d’assister à la chair j’en jouisse, qu’au lieu d’écouter la rumeur j’y participe.
Seule une amante peut m’ouvrir ces portes, il me faut trouver une compagne de chair, une complice d’errances, une fille à la présence doucement affolante, une amie.
17:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rencontre
13.03.2008
La ville, le cinéma, la nuit, les mains sales
Le soir, parfois, je sors dans la ville. Pour les filles, pour voir passer les filles, les voir marcher, bouger, se hâter, discuter, vivre. Je peuple ma mémoire.
Le soir, ce besoin là, ce besoin lancinant, agace ma pensée. Je tourne en rond. Je manque de quelque chose. Pourtant je ne peux pas passer mon temps dehors, ainsi, ça ne m’intéresse pas, c’est insensé, c’est ridicule. C’est une impasse. Presque une impasse - on ne sait jamais ?
Pour combler ce besoin - entre autre - le cinéma.
Il y a des jours où je me sens oppressé par la sensualité qui erre en moi, qui tourne comme un félin dans sa cage. J’ai besoin de libérer cette énergie. J’ai besoin de sentir les femmes de par mon corps. Alors je dessine.
Je dessine des femmes nues.
J’ai acheté un grand rouleau de papier blanc. Du papier kraft blanc. Il n’y a presque pas de grain mais ça n’est pas grave, je sais mal dessiner.
Parfois lorsque j’avance éveillé dans la nuit, j’allume toutes les lumières, et je déroule le papier blanc. Je cherche une jolie photo de femme, une image dans laquelle j’ai envie ce soir là de m’égarer. Mes doigts noircissent avec le fusain. Je dessine les contours du corps, rapidement. Pour l’apprivoiser. Je cherche à retrouver la ligne qui part du ventre - du sexe - et qui ondule entre les hanches, les côtes, les seins. Je cherche la ligne des épaules, aussi. Je cherche la peau, la chaleur, le parfum. Je caresse le papier pour effacer le noir, pour reprendre les lignes, pour pénétrer doucement le charme mystérieux de ce corps qui m’attire de façon si calme et démesurée.
17:26 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : désir, journal intime, écriture


