25.06.2008
La ville, les filles, la nuit.
Les ombres de la fin d’après-midi s’étirent sur le parvis de Beaubourg. Le portrait de Louise Bourgeois ne semble pas voir la foule qui s’écoule – elle surtout indifférente – sous ses yeux de papier. Les miens d’yeux s’égarent sur les formes les unes immobiles les autres animées, qui parsèment la place ou déambulent sur les pavés, dans les interstices desquels il traîne quelques mégots, quelques capsules abandonnées de canettes disparues.
J’ai plus que jamais le sentiment d’être vampirisé par la ville, elle suce mon âme par la fascination qu’elle y exerce, elle, ses lumières, ses rues, ses rumeurs, ses vides, ses foules aveugles, ses femmes trop attirantes, des filles aux corps irréfutables, aux jambes gainées, aux bassins si mobiles qui chassent le voile trop léger des robes courtes, des jupes courtes, des filles belles, des filles charmantes, des filles aux chevelures desquelles je voudrais m’égarer, sur la peau desquelles je pourrais laisser mes doigts, perdre mes lèvres, elles ont des yeux, elles ont des bouches, elles ont tellement de beautés, d’affectueuses imperfections, d’insolente existence…
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