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24.03.2008

L'amante

Je regarde par la fenêtre et mes pensées s'égarent dans la confusion des images en surimpression sur la vitre, ma silhouette sur le gris de l'extérieur pluvieux. Je rêve aux yeux d'une autre femme posés sur moi, aux mains d'une amante légère et féminine - une femme qui aimerait jouer du désir des hommes avec plaisir et dérision. Je rêve de ses arrivées à l'improviste, de sa chaleur espiègle et généreuse. Je rêve de sa peau. Je voudrais voir ce rêve devenir.

20.03.2008

Le collant

Entre mes yeux et ma mémoire, il flotte l’image laiteuse – presque fruitée – des jambes d’une fille, d’un collant blanc, un collant pas tout à fait blanc mais collant, d’un blanc très légèrement rosé, épousant la forme d’une jambe, et de l’autre aussi. Des jambes coupées : bordure bien nette d’un manteau couleur marine, et je n’ai pas regardé plus haut. Les jambes vivaient, déjà, et par elles, je tentais d'imaginer son visage.

 

13.03.2008

La ville, le cinéma, la nuit, les mains sales

Le soir, parfois, je sors dans la ville. Pour les filles, pour voir passer les filles, les voir marcher, bouger, se hâter, discuter, vivre. Je peuple ma mémoire.

Le soir, ce besoin là, ce besoin lancinant, agace ma pensée. Je tourne en rond. Je manque de quelque chose. Pourtant je ne peux pas passer mon temps dehors, ainsi, ça ne m’intéresse pas, c’est insensé, c’est ridicule. C’est une impasse. Presque une impasse - on ne sait jamais ?

Pour combler ce besoin - entre autre - le cinéma.

Il y a des jours où je me sens oppressé par la sensualité qui erre en moi, qui tourne comme un félin dans sa cage. J’ai besoin de libérer cette énergie. J’ai besoin de sentir les femmes de par mon corps. Alors je dessine.

Je dessine des femmes nues.

J’ai acheté un grand rouleau de papier blanc. Du papier kraft blanc. Il n’y a presque pas de grain mais ça n’est pas grave, je sais mal dessiner.

Parfois lorsque j’avance éveillé dans la nuit, j’allume toutes les lumières, et je déroule le papier blanc. Je cherche une jolie photo de femme, une image dans laquelle j’ai envie ce soir là de m’égarer. Mes doigts noircissent avec le fusain. Je dessine les contours du corps, rapidement. Pour l’apprivoiser. Je cherche à retrouver la ligne qui part du ventre - du sexe - et qui ondule entre les hanches, les côtes, les seins. Je cherche la ligne des épaules, aussi. Je cherche la peau, la chaleur, le parfum. Je caresse le papier pour effacer le noir, pour reprendre les lignes, pour pénétrer doucement le charme mystérieux de ce corps qui m’attire de façon si calme et démesurée.

12.03.2008

l'abandon

11.03.2008

L'inconnue

J’aurais voulu savoir dire à cette fille inconnue aux yeux de terre noire comme j’avais envie de poser ma main sur son corps. Il aurait fallu que je lui explique que c’était un désir tout gentil, que je voulais juste deviner sa peau, voir sa peau, toucher sa peau, aimer sa peau, y ensevelir un instant l’haleine de ma peau à moi.

J’aurai voulu qu’il suffise d’aller jusqu’à elle, et de dégager doucement les mèches de ses oreilles pour lui murmurer, toi, toute, nue et mouvante, je te veux, viens-tu?

J’aurais voulu qu’il suffise mon désir et qu’elle soit simple sa parole oui non j’sais pas rien d’autre sinon du silence et danser cette lente connivence des corps.

J’aurais voulu n’avoir rien à dire. Que le désir ait une couleur qu’elle reconnaisse, et qu’elle me prenne par la main, la bouche le ventre, et m’emmène, n’importe où tant que l’horizon est son corps, hanté d’elle.

10.03.2008

Saveurs, savoirs et savoir-faire

Je voudrais ouvrir ses cuisses et qu’elles craquent mais comme un fruit, pas de douleur, comme un fruit mur dont le jus dégouline, que l’on porte si mûr à la bouche, dont on peut s’oindre la peau, la langue, la mémoire.Comme une pastèque.

03.03.2008

Manque

J’aime les filles, j’aime les femmes, j’y pense, partout. Les voir est un enchantement, une fascination. L’espace entre elles et moi un supplice. Je manque d’elles, de leur corps, leur parfum, leurs odeurs intimes. Je manque de leurs yeux, de leur peau contre ma bouche, de leurs caresses, de leur désir impatient.

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