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13.03.2008
La ville, le cinéma, la nuit, les mains sales
Le soir, parfois, je sors dans la ville. Pour les filles, pour voir passer les filles, les voir marcher, bouger, se hâter, discuter, vivre. Je peuple ma mémoire.
Le soir, ce besoin là, ce besoin lancinant, agace ma pensée. Je tourne en rond. Je manque de quelque chose. Pourtant je ne peux pas passer mon temps dehors, ainsi, ça ne m’intéresse pas, c’est insensé, c’est ridicule. C’est une impasse. Presque une impasse - on ne sait jamais ?
Pour combler ce besoin - entre autre - le cinéma.
Il y a des jours où je me sens oppressé par la sensualité qui erre en moi, qui tourne comme un félin dans sa cage. J’ai besoin de libérer cette énergie. J’ai besoin de sentir les femmes de par mon corps. Alors je dessine.
Je dessine des femmes nues.
J’ai acheté un grand rouleau de papier blanc. Du papier kraft blanc. Il n’y a presque pas de grain mais ça n’est pas grave, je sais mal dessiner.
Parfois lorsque j’avance éveillé dans la nuit, j’allume toutes les lumières, et je déroule le papier blanc. Je cherche une jolie photo de femme, une image dans laquelle j’ai envie ce soir là de m’égarer. Mes doigts noircissent avec le fusain. Je dessine les contours du corps, rapidement. Pour l’apprivoiser. Je cherche à retrouver la ligne qui part du ventre - du sexe - et qui ondule entre les hanches, les côtes, les seins. Je cherche la ligne des épaules, aussi. Je cherche la peau, la chaleur, le parfum. Je caresse le papier pour effacer le noir, pour reprendre les lignes, pour pénétrer doucement le charme mystérieux de ce corps qui m’attire de façon si calme et démesurée.
17:26 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : désir, journal intime, écriture



Commentaires
J'ai vraiment aimé vous lire, votre façon d'apprivoiser le corps avec le fusain c'est divin, "L'abandon" est sublime aussi, envie de le dire.
Ecrit par : Bougrenette | 20.03.2008
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